L’heure élégante de la montre gousset

Imaginez un Steamer...

Imaginez-vous un seul instant un pur steamer sortir son smartphone ou consulter sa montre connectée sur son poignet ⌚ pour connaître l’heure ? Non bien sûr ! En remontant le long de sa chaîne, le steamer attrape élégamment sa montre dans le gousset de son gilet ou de son pantalon, ouvre délicatement le clapet et vous dit : « Je suis en retard, toujours en retard ! » s’il est le lapin blanc d’Alice au pays des Merveilles ou « Dans un quart d’heure, il y a une séance de Vingt-mille lieues sous les mers qui repasse à l’Eldorado, ça te dit ? » s’il est normal.


La montre gousset a progressivement disparu depuis le début du XXe siècle au profit de la montre bracelet, qui elle-même était en train de disparaître au profit du portable.

Mais quand elle est devenue connectée, la montre bracelet a repris sa place. C’est donc logiquement à la montre gousset de faire son grand retour en force aujourd’hui ! Vous me suivez ? L’histoire n’est qu’un éternel recommencement. La boucle est bouclée et des horlogers de prestige ont même repris la fabrication de la montre gousset.

Elle reste néanmoins une originalité dont les steamers raffolent et la montre gousset ne pouvait que devenir leur accessoire indispensable.

Mais comment en est-on arrivé à la montre gousset ?

L’homme s’est toujours préoccupé du temps qui passe et, déjà au IVe siècle avant Jésus Christ, les Egyptiens avaient bricolé le cadran solaire. Après les horloges hydrauliques puis mécaniques, il s’est creusé les méninges pour obtenir le mécanisme parfait qui pouvait être miniaturisé pour avoir l’heure partout et en toutes circonstance. Il en arriva à la première montre portative qui se porte généralement en pendentif au XVIe siècle, pour aboutir plus tard à la montre gousset. Progressivement, la montre bracelet - qui n’était au départ portée que par les femmes - a remplacé la montre gousset.

 

Mais c’était sans compter sur le mouvement steampunk qui ne pouvait que ressusciter cet objet parfaitement en phase avec ce courant esthétique.

D’abord, la montre à gousset appartient en plein à l’époque victorienne, ayant connu son apogée à la fin de XIXe siècle, ensuite elle est d’une classe infinie tant par son design que par sa façon d’être portée.

Que vous choisissiez la chaîne ou le ruban, il y a un je-ne-sais-quoi de romantique, voire poétique dans la manipulation de la montre à gousset.

Le geste pour la tirer hors de votre poche s’apparente au mouvement fluide du magicien qui va faire apparaître un objet merveilleux au creux de sa main. D’une pichenette, vous ouvrez le clapet et vous jetez un œil sur ses chiffres presque toujours romains, dans son cadre rond, parfait, épargné par les cornes disgracieuses qui tiennent le bracelet de la montre classique. Il y a un plaisir désuet dans la consultation de la montre gousset qui est étranger à celui qui allume l’écran de son portable.

D’ailleurs le mouvement s’embarrasse peu de savoir si la montre gousset était réservée aux hommes à l’origine, dans sa version steampunk, elle est noblement portée tant par les steameuses que les steameurs.

Elle est la touche finale pour compléter le look parfait associé au mouvement steampunk, et qu’importe qu’il s’agisse d’une montre gousset femme ou homme.

Objet précieux elle fut, objet précieux elle reste.

Savez-vous que c’est la montre à gousset du steward du Titanic, Edmund Stone, qui a un temps détenu le record de l’objet sauvé des flots, vendu le plus cher aux enchères ?

Ses 130.000 € ont été battus depuis mais elle marque toujours aujourd’hui 2h16, l’heure à laquelle fut englouti dans les eaux glaciales le malheureux steward qui détenait toutes les clefs de la première classe.


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